On ne trouvera pas une seule scène de la saison 8 de Homeland tournée dans les rues de Kaboul ou sur les routes poussiéreuses du Pakistan. Pourtant, à l’écran, Carrie Matheson arpente l’Asie centrale comme si chaque virage pouvait changer le destin du monde. Entre montagnes arides et embouteillages chaotiques, la série parvient à brouiller les pistes, et c’est là tout l’art du tournage.
Où se déroule la saison 8 de ‘Homeland’ ?
Au fil des saisons, Homeland a fait voyager Carrie Matheson d’un continent à l’autre. On l’a vue à Islamabad, en pleine saison 4, puis à Berlin lors de la saison suivante, quittant la CIA pour tenter de retrouver un semblant de vie normale. Plus récemment, la voilà contrainte de s’exiler à Moscou, où elle met sa vie en jeu pour défendre ce qu’elle croit juste.
La saison 8 s’ouvre sur une Carrie encore marquée par six mois de captivité aux mains des services secrets russes. À peine remise, elle accepte de reprendre du service à la demande de Saul Berenson, son mentor de toujours. Saul, désormais engagé dans une négociation de paix avec les talibans, se retrouve confronté à l’hostilité d’un général afghan. C’est Carrie qu’il appelle à la rescousse, convaincu que seule sa détermination peut faire bouger les lignes.
Durant cette saison, Carrie opère principalement à Kaboul. Elle navigue entre les réseaux talibans et les arcanes du pouvoir afghan, multipliant les allers-retours entre Afghanistan et Pakistan, deux pays liés par une frontière longue et poreuse. Les routes, les paysages montagneux et les villes fourmillantes participent à l’immersion, même si, dans la réalité, aucun membre de l’équipe n’a mis les pieds dans la région.
Où cette saison de « Homeland » a-t-elle été filmée ?
Ce décor si crédible, presque trompeur, a en fait été capté à des milliers de kilomètres de Kaboul. La quasi-totalité de la saison 8 de Homeland a été tournée au Maroc, un pays devenu spécialiste des décors de fiction. Le Moyen-Orient, à l’écran, prend les traits du nord de l’Afrique.
Pour donner vie à l’Afghanistan, l’équipe de production a investi les paysages marocains. Ce n’est pas une première pour la série : la saison 4, qui envoyait déjà Carrie à Kaboul, avait été filmée au Cap, en Afrique du Sud. Quant à l’illusion d’Abou Dhabi et d’Israël en saison 6, elle se construisait déjà à Ouarzazate, une ville marocaine devenue le terrain de jeu favori d’Hollywood.
Ouarzazate n’est pas qu’un décor pour Homeland. Cette ville a déjà accueilli le tournage de productions majeures comme Gladiator, The Mummy ou encore Game of Thrones. Studios, infrastructures, figurants locaux : tout y est pensé pour faciliter la tâche aux équipes venues du monde entier. On comprend mieux pourquoi les réalisateurs de séries et de blockbusters y reviennent saison après saison.
- Gladiator
- The Mummy
- Game of Thrones
Voici quelques séries et films qui ont profité du savoir-faire marocain :
Pour Homeland, ce choix du Maroc permet de restituer l’ambiance afghane sans s’exposer aux risques sécuritaires réels de la région. Mais il a fallu composer avec d’autres contraintes.
Le tournage au Maroc n’a pas été facile
Filmer Homeland au Maroc n’a pas été un long fleuve tranquille. Alex Gansa, le showrunner, a confié à Entertainment Weekly que les obstacles ont parfois failli faire dérailler la production. Le pays applique une réglementation stricte sur l’importation d’armes, même factices. Or, Homeland, pour cette saison, s’appuie largement sur des décors militaires et des scènes d’action.
Chaque accessoire, chaque fausse munition devait être déclaré, répertorié, contrôlé. Monter une scène d’affrontement avec des dizaines d’armes, même inoffensives, relevait du défi administratif. À cela s’ajoute le besoin de faire appel à des acteurs capables de parler pachto ou dari, afin de renforcer la crédibilité des dialogues. Mais malgré ces complications, la sécurité de l’équipe est restée la priorité, et chacun a pu rentrer sain et sauf après la fin du tournage.
En définitive, Homeland saison 8 est la démonstration que la magie du cinéma tient autant à l’ingéniosité des équipes qu’aux paysages choisis. Le spectateur, lui, voyage sans quitter son canapé, oscillant sans cesse entre réalité et fiction. Reste à savoir si, la prochaine fois, il saura deviner ce qui se cache vraiment derrière l’objectif.

