Certains revenus perçus au Royaume-Uni par des résidents fiscaux français restent imposables en France, malgré la convention fiscale signée entre les deux pays. Les dividendes, par exemple, peuvent subir une retenue à la source britannique, puis être à nouveau soumis à l’impôt français, sous condition de crédit d’impôt.
Les dispositifs d’élimination de la double imposition diffèrent selon la catégorie de revenus et la résidence effective du contribuable. Une déclaration incomplète ou une mauvaise interprétation des règles peut entraîner un redressement fiscal ou une taxation indue, souvent difficile à rectifier après coup.
Comprendre le risque de double imposition entre la France et l’Angleterre
La double imposition guette tous ceux qui jonglent entre la France et le Royaume-Uni. Deux administrations, deux fiscalités, une même détermination : prélever sur l’ensemble des revenus mondiaux des résidents fiscaux. Sur un versant, la France réclame son dû, impôt sur le revenu ou sur la fortune. Sur l’autre, le fisc britannique applique ses règles, sans se soucier des usages du continent.
La convention fiscale franco-britannique pose un cadre destiné à éviter la double imposition. Pourtant, la densité du texte laisse place à l’interprétation. Tout se joue autour de la notion de résidence fiscale et de l’état de résidence. Là se dessine la ligne de partage : êtes-vous résident fiscal français ou britannique ? Ce choix détermine l’imposition de vos salaires, dividendes ou plus-values.
Quelques situations à risque :
Voici quelques exemples fréquents où la vigilance s’impose :
- Un revenu immobilier perçu à Londres par un résident en France
- Des salaires britanniques pour un cadre détaché, fiscalement domicilié à Paris
- Des dividendes versés par une société anglaise à un actionnaire français
La déclaration dans les deux pays reste incontournable, sous peine de redressement ou de prélèvements injustifiés. La période de l’année fiscale, différente de chaque côté de la Manche, ajoute un niveau de complexité dans la synchronisation des démarches. Le crédit d’impôt intervient alors comme mécanisme d’ajustement, permettant de compenser, au moins partiellement, l’impôt déjà payé à l’étranger.
La fiscalité franco-britannique peut vite devenir un casse-tête pour ceux qui ne maîtrisent pas le droit fiscal applicable. Pour éviter de payer deux fois, l’analyse du statut de résident fiscal et la lecture attentive des conventions bilatérales s’imposent comme un passage obligé.
Quels sont les principes clés de la convention fiscale franco-britannique ?
La convention fiscale franco-britannique encadre l’imposition croisée des revenus et du patrimoine entre la France et le Royaume-Uni. Signée en 2008 puis régulièrement adaptée, elle constitue la pierre angulaire de l’éviction de la double imposition pour tous ceux concernés par la mobilité internationale. Son objectif : répartir de façon claire le pouvoir d’imposer, pour chaque catégorie de revenu, sur la base de critères objectifs.
Trois axes structurent cette convention. Le premier, c’est la résidence fiscale. Chaque contribuable est rattaché à un État selon plusieurs critères : domicile permanent, centre des intérêts vitaux, lieu de séjour principal. Ce rattachement détermine si l’ensemble des revenus mondiaux ou seulement ceux d’origine locale seront imposés.
Autre principe : la distinction par catégorie de revenus. Salaires, dividendes, intérêts, plus-values, revenus immobiliers… Chaque source de rémunération obéit à sa propre règle d’attribution. Exemple : les bénéfices tirés d’une entreprise sont imposés là où se situe l’établissement stable, tandis que les revenus immobiliers sont taxés dans le pays où se trouve le bien.
Enfin, la convention introduit un crédit d’impôt afin d’éviter une double imposition réelle. Ce mécanisme prend en compte l’impôt déjà versé dans l’autre État et permet de réduire d’autant la charge dans le pays de résidence. Pour un résident fiscal français percevant des revenus étrangers, la France applique couramment ce dispositif.
Ce montage, certes technique, protège néanmoins les contribuables. Tout repose sur une compréhension fine de la convention, préalable indispensable à la régularité des déclarations et à l’application juste de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur la fortune.
Résidence fiscale, types de revenus : comment s’appliquent les règles concrètement ?
Déterminer la résidence fiscale constitue la première étape. L’administration s’appuie sur des critères hiérarchisés : lieu de foyer, centre des intérêts économiques, durée de séjour. Un contribuable peut être considéré comme résident fiscal français s’il conserve son domicile en France, même en travaillant à Londres. À l’inverse, une installation durable outre-Manche bascule la résidence fiscale au Royaume-Uni.
La typologie des revenus oriente ensuite l’application des règles. Les revenus d’activité salariée relèvent, en principe, de l’état où l’activité est exercée. Un emploi salarié à Manchester sera imposable au Royaume-Uni, avec une déclaration complémentaire en France si le foyer reste français. Les revenus immobiliers, eux, suivent la localisation des biens : une maison à Bristol, louée par un résident français, génère une imposition britannique, assortie d’un crédit d’impôt côté français.
Voici comment se répartissent certains traitements fiscaux spécifiques :
- Pour les dividendes issus de sociétés anglaises, la convention prévoit une retenue à la source limitée, puis une imposition dans l’état de résidence.
- Les plus-values immobilières réalisées au Royaume-Uni subissent la fiscalité britannique, mais doivent aussi être déclarées en France, qui compense l’impôt étranger grâce à un crédit.
Chaque étape, déclaration, préparation des justificatifs, respect du calendrier fiscal, exige attention et rigueur. Ignorer ces règles, c’est s’exposer à la double imposition, au redressement, voire à des litiges transfrontaliers. La convention franco-britannique, appliquée strictement, demeure la meilleure garantie d’une fiscalité cohérente pour ceux qui vivent et travaillent entre la France et le Royaume-Uni.
Bénéficier d’un accompagnement sur-mesure pour sécuriser votre situation fiscale
Composer avec les contraintes du droit fiscal français tout en intégrant les spécificités britanniques, voilà un défi de taille. Les approximations lors de la déclaration, les erreurs dans le calcul du crédit d’impôt, les différences de calendrier fiscal : chaque détail peut faire la différence. Dans ce contexte, faire appel à un cabinet spécialisé ou à un avocat fiscaliste reste souvent la solution la plus fiable. Leur expérience s’avère précieuse, tant pour décoder la convention que pour anticiper les risques de contentieux fiscal.
L’accompagnement sur-mesure va bien au-delà de la simple vérification des déclarations. Il s’agit d’un suivi pas à pas, à chaque phase :
- Analyse du statut de résidence fiscale à la lumière des textes franco-britanniques
- Optimisation des montages de détention pour les actifs immobiliers ou financiers
- Gestion des flux de revenus étrangers et de leur imposition croisée
- Préparation des justificatifs exigés par l’administration, française comme britannique
En cas de contrôle, la médiation peut s’avérer décisive. Les cabinets expérimentés savent construire un dossier solide, s’appuyer sur les bonnes pièces et mobiliser les précédents utiles. Cette stratégie prévient l’enlisement dans des litiges longs et coûteux. S’entourer d’un notaire ou d’un spécialiste aguerri, c’est aussi assurer la conformité des transmissions patrimoniales, des donations aux successions, entre la France et le Royaume-Uni.
La transparence, la rigueur et le dialogue avec l’administration fiscale, qu’elle soit française ou britannique, doivent guider toute démarche de gestion patrimoniale internationale. S’accorder le temps du conseil, structurer ses choix, anticiper les changements de législation : c’est ainsi que l’on construit une tranquillité fiscale durable, au fil des années et des évolutions personnelles.


